Symptômes et complications du Myélome

Vous êtes ici : 
  1. Accueil
  2. Connaître et combattre
  3. Symptômes et complications

Symptômes et complications du myélome multiple

Les symptômes du myélome, très variés, sont les conséquences de la prolifération des plasmocytes dans la moelle osseuse et de l’excès d’anticorps monoclonal. Parmi les complications figurent en particulier les douleurs osseuses, le risque infectieux et le risque d’insuffisance rénale. 

 

Myélome et douleurs osseuses

Le myélome multiple expose à des complications, comme les douleurs et les fractures osseuses.

Schéma balance ostéoblaste/ostéoclaste

Quelle est l’origine des douleurs osseuses ?

Elles ont le plus souvent pour origine une fragilité osseuse, en rapport avec une déminéralisation osseuse diffuse ou localisée, dans ce second cas elle est caractérisée par des « trous » dans l’os. provoquée par une stimulation excessive des cellules chargées normalement de la résorption osseuse. Ces anomalies sont déclenchées par des protéines sécrétées par les cellules cancéreuses de la moelle (cytokines).

Quelles sont les conséquences possibles ?

Ces anomalies ou lacunes peuvent conduire à une fracture de fragilité, c’est-à-dire une fracture susceptible de survenir pour un traumatisme minime, voire même sans aucun traumatisme, d’où l’importance pour un malade du myélome de consulter sans délai en cas d’apparition de douleurs osseuses.

Comment traiter les douleurs osseuses ?

La prise d’antalgiques, ou de médicaments contre la douleur, peut s’avérer inefficace, aussi il peut être fait appel à des traitements plus spécifiques, tels que :

  • La prise par perfusion par voie intraveineuse de bisphosphonates, afin de prévenir des lésions osseuses liées à une déminéralisations diffuse. Les bisphosphonates sont des molécules qui se déposent dans l’os et inhibent les cellules normalement chargées de résorber l’os. A travers cet effet « anti-résorption », ils sont à même de réduire à la fois les douleurs et le risque de fractures. Le problème principal de ce traitement est la possibilité de survenue d’ostéonécrose de la mâchoire à forte dose.
  • La réalisation de radiothérapie locale. Elle consiste à utiliser un faisceau de rayons X, semblables à ceux utilisés en radiographie mais à plus forte dose, pour détruire les cellules cancéreuses. En tuant les cellules cancéreuses au niveau de la lacune osseuse, la radiothérapie réduit la pression exercée à l’intérieur de l’os par la croissance des cellules cancéreuses, réduit la douleur et prévient l’évolution jusqu’au stade de la fracture. Les doses de radioactivité délivrées localement restent modestes pour l’ensemble de l’organisme et, si nécessaire, il est possible et sans inconvénient particulier de traiter plusieurs lésions.
  • Dans certains cas où la lacune osseuse rend particulièrement fragile un os, il peut être nécessaire de réaliser un geste chirurgical de consolidation en mettant en place une tige osseuse ou une plaque. Cette intervention doit être pratiquée avant la radiothérapie locale pour éviter les complications infectieuses liées à un geste chirurgical sur une peau irradiée.

Comment traite-t-on les fractures vertébrales ?

Les fractures vertébrales par compression déséquilibrent la colonne, induisent des douleurs invalidantes souvent sévères et une déformation en position penchée en avant (« en cyphose »).
Quand les antalgiques ne suffisent plus pour soulager la douleur, il peut être fait appel à des techniques de consolidation.

  • La « cimentoplastie » permet de stabiliser, à l'aide d'un ciment injecté, une vertèbre fracturée ou tassée. Un examen IRM est généralement pratiqué pour vérifier si la fracture peut être traitée par ces techniques. L’injection se pratique sous contrôle radioscopique très précis pour éviter une fuite extra-vertébrale du ciment. La chaleur émise par le ciment détruit les fibres nerveuses apportant aux patients un soulagement immédiat et durable de la douleur.
  • La « vertébroplastie » est plus efficace pour corriger la déformation du corps vertébral. Cette technique est pratiquée sous anesthésie générale ou locale avec des sédatifs. L'idée de cette nouvelle technique est de redonner à la vertèbre un volume normal en gonflant un ballonnet à l’intérieur du corps vertébral. Ce gonflement va créer une cavité dans la vertèbre qu’il convient ensuite de combler avec un ciment à haute viscosité injecté sous faible pression. Les fuites extra-vertébrales sont donc limitées.

Myélome et risque infectieux

Du fait du désordre des défenses immunitaires, induit par la prolifération de plasmocytes malades à l’intérieur de la moelle et par les traitements (corticoïdes et chimiothérapie), les infections sont un problème fréquent au cours du myélome multiple. Ces infections peuvent dégénérer très vite et elles doivent être traitées sans hésitation par des antibiotiques. La vaccination contre certaines infections bactériennes ou virales est recommandée (pneumocoque et grippe). Sans être inquiet en permanence, il est essentiel qu’un malade du myélome soit très vigilant en cas d’apparition de fièvre, n’hésite à consulter son médecin.

En cas de phénomènes infectieux à répétition, des immunoglobulines peuvent aussi être prescrites.

Myélome et risque d’insuffisance rénale

Le rein est normalement chargé de la filtration du sang afin de le débarrasser de ses impuretés qui sont éliminées dans les urines. Au cours du myélome, le rein est soumis à des agressions variées, mais la plus à risque est le dépôt dans le « filtre » rénal de fragments de l’immunoglobuline monoclonale, appelés « chaînes légères ».

Les chaines légères sont des petites protéines qui entrent dans la composition normale des immunoglobulines et qui sont sécrétées en trop grande quantité dans le myélome. Les malades qui ont des chaînes légères dans les urines ont donc un risque élevé de dépôts dans le rein qui compromettent alors sa capacité de filtre.

Le traitement régulier du myélome permet de réduire la production de chaînes légères et protège la fonction rénale.

 

 

Anémie et fatigue

Les malades du myélome sont fréquemment confrontés à de la fatigue.

Les causes de la fatigue sont multiples, toutefois on peut mentionner en premier lieu l’anémie, détectable par la mesure de l’hémoglobine (molécule de protéine présente dans les globules rouges).

L’anémie est liée à la diminution anormale du taux d'hémoglobine (et pas forcément des globules rouges) dans le sang, obtenue par une numération de la formule sanguine. Elle a très souvent pour origine la maladie, mais peut être aussi accentuée par les traitements.

Le rôle de l'hémoglobine est de fixer l'oxygène dans le sang, en cas d’anémie il y a une diminution de l'oxygénation de tous les tissus et organes qui peut provoquer des problèmes respiratoires et des problèmes neurologiques et entrainer une fatigue importante, d’où l’importance d’en parler avec son médecin.