Le myélome multiple (MM) se caractérise en partie par une infiltration de la moelle osseuse et une production excessive d'immunoglobulines monoclonales. En termes de prévalence, cette maladie représente environ 10 % de toutes les hémopathies malignes. Le diagnostic positif du MM repose sur les données biologiques et la biopsie osseuse ou médullaire.
Chez environ 80 % des patients, il existe des lésions ostéolytiques qui exposent à un risque élevé de fractures pathologiques, d'hypercalcémie et de douleurs osseuses volontiers révélatrices de la maladie. Dans l'évaluation du stade évolutif de cette dernière, la détection des lésions ostéolytiques joue un rôle critique.
Les modalités de cette « stadification » varient notablement d'une institution à l'autre. Le plus souvent elle repose sur des examens radiographiques de tout ou partie du squelette, tout comme l'évaluation de la réponse au traitement.
Ce type de bilan radiographique a fait ses preuves, en termes d'efficacité, au point d'être considéré comme le « gold standard ». Mais les nouvelles techniques d'imagerie, telles la TEP/TDM (tomographie par émission de positons/ tomodensitométrie), la TEP simple, l'IRM corps entier ou encore tout simplement la scintigraphie au MIBI marqué par le technétium, là aussi corps entier, pourraient avoir leur place.
Une revue des données de la littérature internationale suggère que ces techniques d'imagerie fonctionnelle nouvelles font, en effet, indéniablement mieux que les clichés radiographiques classiques. Les techniques les plus performantes en termes de sensibilité, de spécificité et de valeur prédictive (négative ou positive) sont la TEP+/-TDM après injection de FDG marqué par le fluor 18 ou encore l'IRM corps entier. Cette dernière permet de visualiser l'atteinte de la moelle mais elle ne peut mettre en évidence les lésions ostéolytiques pures, de sorte que le bilan d'extension du MM peut s'en trouver quelque peu sous-estimé.
A l'inverse, les machines hybrides combinant TEP et TDM font mieux que la technique morphologique de référence, en l'occurrence les clichés radiographiques standards, du fait d'une sensibilité supérieure, le prix à payer étant un risque plus élevé de faux-positifs. Les explorations innovantes dans le bilan du MM ou d'autres maladies malignes sont du ressort de l'imagerie moléculaire et, à ce titre la TEP-TDM est en train de conforter sa position en oncologie. L'IRM corps entier devra faire ses preuves avant qu'elle ne puisse accéder à la pratique médicale courante.
Dr Philippe Tellier
Lütje S et coll. : Role of radiography, MRI and FDG-PET/CT in diagnosis, staging and therapeutic evaluation of patients with multiple myeloma. Ann Hematol 2009; 88: 1160- 1168.
JIM